L'industrie du futur : qu'est-ce que c'est et comment s'y préparer ?

Transition industrielle : la place du Cnam

transition industrielle
L'évolution de l'industrie est un véritable défi de société, impliquant non seulement les industries, mais aussi la nature des produits, et donc les consommateurs. La France entre dans une phase de transition industrielle, on parle désormais d'industrie du futur : comment s'y préparer ?

Qu’est ce que c’est ?

La France a subi une forte désindustrialisation, accélérée par la crise de 2007-2008. Cette désindustrialisation a été plus forte en France, par rapport à d’autres pays européens (par ex Allemagne et Italie). Depuis, avec notamment le rapport Gallois, l’État a pris conscience de l’importance de l’industrie et d’un besoin urgent de promouvoir un renouveau industrie. La démarche d’Industrie de Futur présente une réponse par rapport à cet objectif.

 

Le terme industrie du futur correspond à une vision de l’évolution de l’industrie qui est maintenant clairement décrite dans de nombreux rapports, portée au niveau de l’Etat par l’Alliance Industrie du Futur et qui implique de nombreux acteurs (entreprises et territoires notamment). Cette vision englobe aussi les réalités environnementales, c’est-à-dire des usines propres, économe en énergie (et autres entrants), la gestion sobre des matières premières et la durée de vie (et recyclage) des produits, la suppression des produits toxiques. La dimension de transition écologique est donc aussi clairement intégrée.

 

A partir de travaux visant à respecter ces objectifs tout en trouvant une place pour l’industrie européenne face à une concurrence à coûts plus faibles, par le biais de la valeur ajoutée des produits (et services associés), la démarche a intégré les technologies du numérique (de la conception à la production) et d’une automatisation plus développée.

 

formation industrielle à ParisUne particularité, apparemment française, a été de réaliser que la technologie seule risquait de ne pas suffire pour atteindre un but de compétitivité et qu’il était absolument essentiel de prendre en compte la place de l’homme dans l’industrie. Ceci se fait par l’introduction d’organisation du travail différente et par la reconnaissance de l’importance du « capital humain » des entreprises, pour ne citer que deux aspects.

 

Pourquoi c’est important ?

Sans évolution tournée vers l’avenir, l’industrie française est probablement condamnée à progressivement disparaître. Etant donné que le pays continue à consommer des biens, cela se traduit mécaniquement par un déficit commercial (la balance commerciale est systématiquement déficitaire depuis environ 2003) ce qui n’est pas acceptable à long terme. La promesse que les emplois dans les services allaient compenser les pertes d’emplois industriels ne s’est pas réalisée, ni en nombre ni en niveau d’emploi. Un chômage élevé sur une longue période n’est pas acceptable, ni pour l’économie du pays, ni socialement. De nombreux économistes pensent que le chômage ne peut qu’être réduit qu’avec une reprise de l’activité industrielle. Il est à noter que la structure des emplois industriels montre une tendance à être inclusive (emplois sur une grande gamme de niveau des opérateurs aux cadres dirigeants).

 

Finalement, l’économie mondiale risque peut-être de se retrouver moins globalisée que l’on pouvait imaginer, avec les tendances de replis d’acteurs majeurs. On ne peut plus raisonnablement compter sur l’industrie d’autres pays pour nous fournir des biens à bas coût. Il serait sage de veiller à ne pas perdre les compétences nécessaires pour fabriquer ce dont nous avons besoin.

 

Le rôle de la formation dans la transition industrielle

Dans la démarche « Industrie du Futur », la formation a été identifiée comme un élément clé, à la fois pour maintenir et développer un socle commun de connaissances et de savoir-faire (« industrial commons ») et pour développer le capital humain des entreprises et du pays. Pour accompagner cette transition industrielle, le Cnam est particulièrement bien placé. En effet, l’activité du Cnam est tournée vers le développement du « capital humain » dans toutes ses dimensions.

 

Dans ce contexte, il est possible d’identifier 3 familles de compétences indispensables :

  • Les compétences spécifiques scientifiques et technologiques propres à chaque domaine industriel. On constate, aujourd’hui, une perte de compétences dans de nombreux secteurs industriels, liée aux départs en retraite et à la désindustrialisation
  • Des compétences transverses (« soft skills ») en management, travail en équipe, communication en entreprise, marketing… Ces compétences sont communes à tous les secteurs industriels.
  • De compétences numériques, soit génériques, soit proches des métiers industriels.

Rares sont les établissements de formation tout au long de la vie capables de proposer des formations dans ces trois domaines de compétences comme le Cnam.

 

formation en journée industrie au Cnam

Actualité rédigée sur l'appui de l'article de J-P. Chevalier, professeur du Cnam, chaire des matériaux industriels, v 1.3 (21/09/2018)