Jusqu’où ira la réforme de la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) ?

6 janvier 2023

A l’occasion des 20 ans de la VAE, le Conservatoire national des arts et métiers a organisé une journée pour faire le point sur ce dispositif depuis sa création. Le chef du projet « Reva » (pour « reconnaître et valider »), Olivier Gerard, a profité de cet évènement pour révéler les pistes de réflexion qui concerne la future réforme. Accompagnement plus intense, mise en place d’architectes de parcours et instauration d’un droit opposable à la tenue d’un jury vont transformer ce dispositif.

Le gouvernement prévoit pour 2027, que le nombre de parcours VAE se développe et permette de passer de 30 000 à 100 000 parcours par an. L’évènement sur les 20 ans de la Validation des acquis de l'expérience (VAE) a permis de partager les futures transformations de ce dispositif. Selon Olivier Gerard, certaines évolutions ont été acceptées et d’autres seront prochainement à l’ordre du jour sur l’agenda des parlementaires.

Un accompagnement qui s’intensifie

La deuxième étape de la VAE qui correspond à la phase de recevabilité va disparaître. Lorsqu’un candidat décide de faire une VAE, une aide méthodologique lui sera proposée afin qu’il soit accompagné tout au long de la démarche. Ce dispositif, dirigé par un architecte de parcours, va être renforcé afin de suivre les différentes étapes VAE (faisabilité, préparation à l’examen, entretien post examen …). Un portail unique de la VAE est en cours de construction pour faciliter la démarche.

Comment devenir architecte de parcours ?

A ce stade, le profil des architectes de parcours reste à clarifier. Claire Khecha, déléguée générale des Acteurs de la compétence, déclare qu’« il s’agit d’un métier spécifique qui se distingue de celui de certificateur et qui mériterait de répondre à un cahier des charges ». Alors que pour Olivier Phelip, directeur général d’Uniformation, partie prenante de la deuxième phase de l’expérimentation Reva, « il faut bien connaître la filière professionnelle. Les entreprises ont toute leur place dans ce dispositif surtout pour les premiers niveaux de certifications professionnelles ». Cela crée un désaccord qui pour le moment n’est pas encore résolu et nécessite une phase d’expérimentation.

L’organisation des jurys est difficile

L’élaboration et l’organisation des sessions d’examens constituent un axe de réflexion majeur de la réforme. Les certificateurs rencontrent des difficultés pour à la fois recruter et constituer les jurys et cela peut avoir des conséquences au niveau des candidats. Pour faire face à ces difficultés, un droit opposable pourrait faire partie de la réforme. Il est aussi prévu de revoir si les candidats de la VAE doivent conserver le statut de stagiaire de formation professionnelle.

Avec ces nouvelles pistes de réflexion, la VAE pourra devenir un outil indispensable qui donnera l’opportunité aux candidats de transformer leurs compétences voire de changer de métier.